Roadtrip de la Gazelle Blonde aux États-Unis : à la découverte de l’Ouest Américain

Partir à la conquête du territoire Américain en fait rêver plus d’un… Moi y compris.
J’ai fini par me lancer : je vais vous raconter le jour où j’ai découvert l’Amérique, et plus précisément mon premier voyage aux États-Unis.

Pour commencer ma conquête du pays, j’ai choisi l’Ouest Américain. Au départ je ne pensais visiter que la Californie avec mon amie Noëlla, et puis petit à petit durant notre planification, le voyage est devenu un roadtrip de plus de 4200 kilomètres à travers 4 États : la Californie, l’Arizona, l’Utah et le Nevada.

En 2 semaines et demi de vacances d’exploration, nous voulions voir un maximum de choses pour rentabiliser l’investissement. Nous sommes donc parties toutes les 2 avec nos valises remplies de shorts et d’espoir, et nous n’avons pas été déçues.

Septembre 2016, nous y sommes : nous arrivons à Los Angeles – on dira « L.A. » pour faire comme les ‘ricains – en fin de journée, après 11h de vol qui sont vite passées à coups de films en VO.
Nous allons directement récupérer notre voiture de location chez Dollar où les employées préféraient se raconter leurs potins que de servir leurs clients – mais nous leur pardonnons vite le temps d’attente une fois les clés de notre « bolide » récupérées. La nuit était déjà tombée quand nous démarrons notre Toyota Yaris. Nous prenons quelques minutes pour faire le tour du parking pour nous habituer à la boite automatique – une première pour nous. Finalement, à la sortie, une employée nous donnera le meilleur conseil pour rouler avec une boîte auto : « même si vous avez deux pédales et deux pieds, n’utilisez qu’un pied et jonglez entre les deux pédales ». La conduite saccadée et les à-coups laissent soudainement place à une conduite beaucoup plus fluide et détendue. Mais ce moment de répit fut de courte durée : notre première nuit d’hôtel se passe à Newport Beach, à moins d’une heure de route de L.A. – et autant vous dire que notre première expérience de la freeway était… mouvementée. Aux États-Unis, tout est plus grand, même les autoroutes : la freeway que nous empruntons n’a pas moins de 5 voies et malgré l’heure tardive, les automobilistes sont nombreux.
Une fois arrivées à destination, non pas sans quelques frayeurs au volant, nous passons notre première nuit dans un Motel 6, une chaine d’hôtel low cost présente dans tout le pays dans laquelle nous avons réservé 95% de nos nuits : nous avons essayé de limiter les dépenses dans l’hébergement pour profiter un peu plus des activités & loisirs locaux. Le confort est minime, mais ça nous suffira bien durant toute la durée du séjour.

Pendant notre voyage, notre temps dans chaque endroit est compté : nous roulons un peu le matin, visitons la journée, et reprenons la route chaque soir pour nous rapprocher un peu plus de la prochaine destination.
Nous enchaînons donc en 17 jours (prenez votre respiration) : Newport Beach, San Diego, Joshua Tree, Palm Springs, Los Angeles, Grand Canyon, Antelope Canyon, Horseshoe Bend, Lake Powell, Lone Rock, Monument Valley, Las Vegas, Death Valley, Sequoia Park, Yosemite, Mono Lake, Lake Tahoe, San Francisco, Alcatraz, Monterey, Carmel by the Sea, Point Lobos, Big Sur, Santa Barbara, Laguna Beach, Venice Beach, Santa Monica, Malibu Beach et de nouveau Los Angeles pour prendre le vol retour. Rien que ça.

Nous avons roulé jusqu’à 8 heures d’affilées rien que pour nous rendre à Grand Canyon, mais en général il fallait compter 5 à 6 heures de route par jour (matin et soir compris), ce qui est largement réalisable à 2. En revanche si vous êtes seul(e), cela risque d’être plus compliqué car même à 2 nous avons accumulé de la fatigue (et je vous ne parle même pas de la fois où nous avons cumulé fatigue + gueule de bois – je vous laisse deviner à quel moment de notre périple c’est arrivé ;-)).

Nous devions régulièrement faire le plein mais le prix de l’essence est plus correct qu’en France. Pour info, on paye au galon aux USA, et le paiement se fait AVANT de remplir son réservoir. Nous mettions environ 30$ d’essence par jour. Si j’ai un conseil à vous donner : veillez à avoir toujours la moitié du réservoir plein. Plus d’une fois nous nous sommes retrouvées au milieu de nulle part, sans station-service à proximité pendant des miles, la peur de la panne sèche au ventre. Je me souviens particulièrement de la Highway 1 qui longe la côte Ouest en Californie, où, au bord du désespoir, nous avons fini par faire le plein dans une station service qui est apparue telle une oasis en plein désert : malgré le prix de l’essence 4 fois plus élevé qu’ailleurs, nous n’avions pas d’autre choix si nous voulions arriver à destination.

Il faut savoir que dans beaucoup de parcs nationaux, vous devez rouler pour aller d’un point d’intérêt à un autre. C’est notamment le cas à Death Valley, à Sequoia Park, à Yosemite (d’ailleurs, prononcez “Yossémité”). Pendant notre voyage, nous avons passé clairement plus de temps dans notre voiture qu’ailleurs : pensez donc à prévoir une bonne playlist suffisamment remplie pour ne pas trouver le temps long sur les longues routes droites qui peuvent paraître ennuyeuses. En tout cas, nous avons pris beaucoup de plaisir à conduire et sommes devenues vite à l’aise sur la freeway qui nous faisait si peur au départ.

Si vous comptez faire un tour des parcs nationaux, je vous recommande d’acheter le pass “America the beautiful” à l’entrée du premier parc que vous visiterez. Il vous en coûtera 80$ environ mais il vous permettra de rentrer dans tous les parcs nationaux sans rien payer de plus. A 20$/25$ pour chaque entrée (prix pour une voiture, quel que soit le nombre de passagers), autant vous dire qu’il est vite rentabilisé. Valable 1 an, vous pouvez le céder / revendre car il y a 2 signatures possibles au dos (correspondant à 2 voitures) mais il faut savoir que l’argent sert à l’entretien des parcs donc si vous voulez avoir bonne conscience, ne l’achetez pas d’occasion.

S’il y a bien une chose que je retiendrai de ce voyage, ce sont les paysages. Comme le territoire est immense, il n’y a rien à des miles à la ronde : pas d’habitations ou de grattes-ciels pour gâcher la vue. Lorsque nous étions sur la route, nous profitions donc des paysages intacts, de la roche rouge-orangée de l’Arizona (un vrai coup de cœur), des levers et des couchers de soleil qui rendent le ciel pastel.

Je ne peux pas vous parler des États-Unis sans vous parler de la nourriture. Ayant tendance à manger sainement, et à apprécier les bons petits restaurants, je vous avoue que j’ai dû faire un effort à ce sujet. Étant donné que nous étions sans arrêt en voiture, nous n’avions pas d’autres choix que de nous arrêter manger sur la route. S’il y a bien un domaine dans lequel les Américains sont les champions, ce sont les fast-food : McDonald’s, Subway, Burger King, In’n’Out, Wendy’s, Taco Bell, Denny’s… Sans compter les nombreux Starbucks, les donuts et autres pâtisseries dégoulinantes de sucre que nous trouvions chez 7 Eleven. Je dois l’admettre, j’ai mangé les meilleurs donuts de ma vie aux États-Unis, et le meilleur carrot cake au monde. J’y ai aussi découvert le “Corn Dog”, un hot dog sur un bâton, un vrai délice. Mais j’étais à deux doigts de l’overdose de gras / sucre. Les seuls moments où nous pouvions manger de “vrais plats” étaient dans les grandes villes comme Los Angeles, San Diego, Las Vegas ou San Francisco.

Les villes sont la partie que j’ai la moins aimé du voyage : moi j’étais là pour les parcs, pour la nature, pour les fonds d’écran de mon Macbook et les photos Instagram que je voyais passer et qui faisaient rêver. Las Vegas est un peu à part, on y va sans se prendre au sérieux, un peu comme si on allait à Disneyland et qu’on portait des oreilles de Mickey alors qu’on est des adultes. Et j’ai adoré ! Quant à San Francisco, je pense que c’est une ville agréable où il fait bon vivre, mais en tant que touriste il n’y a pas grand chose à visiter à part Alcatraz qui fut un excellent souvenir. Le petit plus de SF : en tant que fans, nous sommes allées voir le concert de Blink-182 au Shoreline Amphitheatre à Mountain View, et ça c’était vraiment une expérience géniale.
Et que dire de Los Angeles… vraiment pas fan, je me suis sentie toute petite face à l’immensité de cette ville que je n’arrivais pas à m’approprier. Mais j’espère avoir le temps d’explorer la ville plus tard dans ma vie pour me faire changer d’avis.

Welcome to Las Vegas - Etats Unis

Pour tout vous dire, j’avais une vision vraiment biaisée des États-Unis : pour moi c’était un pays surfait, sans âme, un cliché bien représenté à la télévision. Heureusement, je me trompais !  Quelle agréable surprise de découvrir un si beau pays, de si beaux sites à visiter. J’ai eu le souffle coupé plus d’une fois. Malgré les quelques clichés qui se sont vérifiés – et finalement, on aurait été déçues s’il n’avaient pas été vrais -, j’en garde de merveilleux souvenirs.


Pour conclure ce post déjà bien trop long (merci à toi cher lecteur d’avoir lu jusqu’ici), voici un top 10 des endroits / moments (hors villes) que je retiendrai de ce voyage aux États-Unis :


#1 Grand Canyon

“Incroyable” est un mot bien trop faible pour décrire cet endroit. Lorsque je suis arrivée devant le vide du Grand Canyon, je l’ai contemplé un long moment ponctué de “wow”. Je regrette que mes photos ne lui rendent pas justice, car je vous assure que vous ne verrez rien de similaire de votre vie. Je suis fascinée que le temps et la nature aient pu façonner un lieu si exceptionnel, qu’il faut voir de ses propres yeux pour le croire.


#2 Mono Lake

Coucher de soleil sur Mono Lake - Etats Unis

A vrai dire nous n’avions pas prévu d’aller voir le Mono Lake, mais selon notre guide du routard, le coucher de soleil au dessus du lac était absolument immanquable. Et je ne peux que confirmer : le ciel passant du bleu au rose se reflétant dans le lac comme dans un miroir était un moment inoubliable. On aurait aimé que cet instant soit figé dans le temps à jamais.


#3 Horseshoe Bend

Après la déception d’Antelope Canyon (je vous en parle plus bas), la visite d’Horseshoe Bend près de la ville de Page a égayé notre journée malgré la pluie. La Colorado River a creusé la pierre en forme de fer à cheval, ce qui lui a donné son nom. Ce lieu est à l’image de mon coup de cœur pour l’Arizona : grand, beau, coloré, apaisant.


#4 Death Valley

Malgré le lendemain difficile post Las Vegas, Death Valley est l’une de mes étapes préférées. On passe facilement d’un univers à l’autre au fil des miles : paysage lunaire à Zabriskie point, paysage désertique au Sand Dunes, formations de sel à Badwater…  C’est d’ailleurs l’un des plus grands parcs nationaux du pays avec ses 13 600 km2. Nous nous en sommes bien rendues compte au moment d’en partir car il nous a fallu 3h avant de retrouver un signal sur notre GPS. La Vallée de la Mort porte bien son nom car on y meurt de chaud ! Il faisait autour de 43° quand nous y sommes allées. J’ai même regretté de ne pas avoir acheté des œufs pour les faire cuire sur la route ! Sur le retour de nuit, nous nous sommes arrêtées à plusieurs reprises pour profiter du magnifique ciel étoilé dont les locaux ne manquent pas de se vanter (et ils ont bien raison).


#5 Yosemite

Peut-être l’un des parcs les plus connus des États-Unis… Nous y avons passé une journée entière, à parcourir les points d’intérêts les plus prisés des touristes : Glacier Point, Tuolumne Meadows, Tunnel View, El Capitan, Half Dome… Une journée rafraîchissante, face à la beauté de la nature. A mon plus grand regret nous n’y avons pas croisé d’ours !


#6 Monument Valley

J’aurais aimé mettre Monument Valley plus haut dans mon classement, mais malheureusement je n’en ai pas vu assez pour me faire un véritable avis ; nous sommes arrivées tard sur place et la nuit est tombée rapidement, nous empêchant de faire le tour. Malgré tout, ce que j’ai vu était impressionnant. Situé au niveau d’une réserve Navajos, on ne peut qu’admirer les gigantesques “formations géomorphologiques” qui se dressent au loin et qui ont servi de décors à de nombreux films de type Western.


#7 Sequoia Park

C’est à ses Sequoias géants que le parc doit son nom. On y trouve des séquoias de toutes les tailles et de toutes les “formes” (couchés, debout, fendus…), mais le séquoia le plus célèbre est le General Sherman, l’arbre au tronc le plus imposant du monde avec ses 1 487 m3  et ses quelques 2 200 ans. La raison pour laquelle j’ai adoré ce parc, c’est ce somptueux coucher de soleil aux mille et une couleurs. Sans doute le plus beau coucher de soleil auquel j’ai assisté de toute ma vie. Les couleurs du ciel mêlées à celle de la forêt que nous surplombions faisaient penser à un arc-en-ciel. Avec Noëlla, nous nous sommes assises sur un rocher pour profiter de cet instant magique que je n’oublierai jamais.


#8 (Upper) Antelope Canyon

C’est peut-être le lieu sur lequel j’avais le plus d’attentes, et j’ai été très déçue. Non seulement il faut réserver sa place à l’avance (une chance que nous ayons pu réserver la veille pour le lendemain), mais en plus on n’a pas le temps de profiter de l’endroit : les groupes de touristes s’enchaînent, ne nous laissant pas le temps de profiter du lieu qui est bien moins impressionnant qu’en photo. De plus, les sites internet laissent penser que seul Upper Antelope Canyon est visitable, alors qu’en réalité il est possible de visiter Lower Antelope Canyon, bien plus beau si j’en crois les différentes personnes qui m’en ont parlé, si l’on réserve sur place – ce que nous n’avons su qu’après, évidemment…


#9 Joshua Tree

Situé dans le Sud-Est de la Californie, Joshua Tree est un parc où la voiture est nécessaire pour aller d’un point à l’autre. Les paysages se ressemblent et rien ne sort vraiment du lot. Sans compter les innombrables guêpes qui ont un peu gâché la fête. Ceci dit, c’était un bon moment pour prendre des photos sympa au milieu de la route, presque seules au monde…


#10 Lake Tahoe

Une grande déception pour Noëlla surtout. Alors qu’il a l’air tout bonnement magnifique en photo, en réalité c’est “juste un lac”, rien d’exceptionnel. Peut-être n’y étions-nous pas à la bonne saison ? Nous avons dû nous introduire sur une propriété privée pour prendre un cliché volé d’une eau turquoise, notre maigre récompense pour les 4h de route effectuées pour y parvenir.

Pour qu’on se quitte sur une note positive, je vous propose de découvrir quelques photos supplémentaires de ce voyage extraordinaire.

– Caroline

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